Effet secondaire : diminution de la fonction cardiaque (diminution de la FEVG)
Qu'est-ce qu'une diminution de la fonction cardiaque (diminution de la FEVG) ?
La diminution de la fonction cardiaque, également appelée fonction cardiaque réduite, désigne la capacité réduite du cœur à pomper efficacement le sang. Elle est généralement mesurée par une diminution de la fraction d’éjection (FE), qui correspond au pourcentage de sang expulsé du ventricule gauche à chaque battement cardiaque. Une FE normale se situe entre 55 et 70 %. Une diminution de la FE peut indiquer une insuffisance cardiaque, dans laquelle le cœur n’est pas en mesure de répondre aux besoins de l’organisme en sang et en oxygène.
À quoi ressemble une diminution de la fonction cardiaque (diminution de la FEVG) ?
La diminution de la fonction cardiaque, en particulier chez les patients atteints d’un cancer, s’accompagne souvent d’une série de symptômes pouvant avoir un impact significatif sur la qualité de vie du patient. Les patients peuvent souffrir d’essoufflement lors d’une activité physique, ainsi que d’une fatigue et d’une faiblesse persistantes, rendant difficiles les activités quotidiennes. Des vertiges peuvent survenir, ce qui peut entraîner des troubles de l’équilibre et un risque accru de chutes. De plus, un gonflement des jambes ou des pieds (également appelé œdème périphérique) est fréquemment observé en raison de la capacité réduite du cœur à faire circuler efficacement le sang. Les symptômes peuvent varier en fonction du degré de diminution de la fonction cardiaque. Il est important de signaler à un professionnel de santé l’apparition de l’un des symptômes ci-dessus.
Qui est concerné par une diminution de la fonction cardiaque (diminution de la FEVG) ?
Les patients atteints d’un cancer présentent un risque accru de diminution de la fonction cardiaque en raison de l’exposition à certains médicaments et à la radiothérapie. Les patients chez lesquels un cancer du sein, un lymphome ou un sarcome a été diagnostiqué constituent trois groupes pouvant être exposés à un risque plus élevé de diminution de la fonction cardiaque. Vous trouverez ci-dessous une liste des médicaments courants susceptibles de diminuer la fonction cardiaque :
- Anti-HER2 : Trastuzumab (Herceptin®, Trazimera®, Kanjinti®), Pertuzumab (Perjeta®), Trastuzumab/Pertuzumab/Hyaluronidase (Phesgo®), lapatinib (Tykerb®), Ado-trastuzumab emtansine (Kadcyla®), Margetuximab (Margenza®), fam-trastuzumab deruxtecan-nxki (Enhertu®)
- Anthracyclines : Doxorubicin (Adriamycin®), Daunorubicin (Cerubidine®), épirubicine (Ellence®)
- Inhibiteurs de la tyrosine kinase : Sunitinib (Sutent®), Sorafenib (Nexavar®), Pazopanib (Votrient®)
- Inhibiteurs du protéasome : Bortezomib (Velcade®)
- Immunothérapie : Pembrolizumab (Ketruda®), Nivolumab (Opdivo®), Ipilimumab (Yervoy®), Nivolumab-Relatlimab (Opdualag®)
Comment prévenir la diminution de la fonction cardiaque (diminution de la FEVG)
La prévention de la diminution de la fonction cardiaque chez les patients atteints d’un cancer passe par une surveillance régulière et des stratégies de prise en charge proactives impliquant des examens d’imagerie et, éventuellement, des traitements médicamenteux. Des changements de mode de vie, tels qu’une alimentation saine et la pratique régulière d’une activité physique, sont également recommandés. Cependant, la clé de la prévention réside dans l’évaluation systématique de la fonction cardiaque par le biais de :
- Échocardiogrammes (ECHO)
- Scintigraphie multigated (MUGA)
- IRM cardiaques
Ces examens permettent de détecter les premiers signes d’une diminution de la fonction cardiaque. Des médicaments cardioprotecteurs sont parfois prescrits, notamment :
- Bêtabloquants – bisoprolol (Cardicor®), métoprolol (Lopressor®, Toprol XL®)
- Les inhibiteurs de l'ECA – le lisinopril (Zestril®)
Les patients sous traitement par anthracyclines peuvent également recevoir un médicament destiné à prévenir les lésions cardiaques induites par ces dernières, appelé dexrazoxane (Zinecard®). Ces médicaments, associés à une surveillance active du cœur, permettent de détecter précocement une diminution de la fonction cardiaque. Cela permet de maximiser les bénéfices thérapeutiques du traitement anticancéreux tout en garantissant la sécurité des patients.
Comment traiter une diminution de la fonction cardiaque (diminution de la FEVG)
Le traitement de la diminution de la fonction cardiaque, souvent appelée insuffisance cardiaque, fait appel à plusieurs types de traitements. Voici quelques traitements courants :
Médicaments :
- Bêtabloquants :
- Mécanisme d’action : réduisent la fréquence cardiaque, abaissent la pression artérielle et préviennent l’aggravation des lésions cardiaques
- Exemples : métoprolol (Lopressor®, Toprol XL®), carvédilol (Coreg®), bisoprolol (Cardicor®)
- Inhibiteurs de l'ECA (inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine) :
- Mécanisme d'action : aident à détendre les vaisseaux sanguins, abaissent la tension artérielle et réduisent la charge de travail du cœur
- Exemples : lisinopril (Zestril®), énalapril (Enalaprilat®, Vasotec®), ramipril (Altace®)
- ARA (antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II) :
- Mécanisme d'action : souvent utilisés comme alternative aux inhibiteurs de l'ECA, ils contribuent à détendre les vaisseaux sanguins et à faire baisser la tension artérielle
- Exemples : losartan (Cozaar®), valsartan (Diovan®), candésartan (Atacand®)
- Diurétiques :
- Mécanisme d'action : aident à réduire la rétention d'eau dans l'organisme, soulageant ainsi des symptômes tels que les œdèmes et l'essoufflement
- Exemples : furosémide (Lasix®), hydrochlorothiazide (Microzide®)
- Antagonistes de l'aldostérone :
- Mécanisme d'action : ils aident l'organisme à éliminer l'excès de sel et d'eau et réduisent la charge de travail du cœur
- Exemples : spironolactone (Aldactone®), éplérénone (Inspra®)
Dispositifs :
- Stimulateurs cardiaques : ces dispositifs sont implantés sous la peau et aident à réguler le rythme cardiaque, en particulier lorsque le cœur bat trop lentement
- Défibrillateurs automatiques implantables (DAI) : ces dispositifs sont implantés pour surveiller le rythme cardiaque et délivrer des chocs en cas de détection d'arythmies dangereuses.
- Thérapie de resynchronisation cardiaque (TRC) : elle fait appel à un type particulier de stimulateur cardiaque qui coordonne les contractions du cœur en envoyant un signal électrique aux deux ventricules.
Suivi et changements de mode de vie :
- Surveillance attentive de la fonction cardiaque : suivis réguliers chez un cardiologue, échocardiographies, tests d’effort et analyses sanguines pour surveiller la fonction cardiaque et détecter précocement toute diminution de celle-ci.
- Changements de mode de vie :
- Alimentation : régime pauvre en sodium et favorable à la santé cardiaque, riche en fruits, légumes, céréales complètes et protéines maigres
- Activité physique : une activité physique régulière et modérée, adaptée à chaque patient (par exemple : des marches de 15 à 30 minutes)
- Gestion du poids : maintenir un poids santé pour réduire la charge sur le cœur.
- Sevrage tabagique : éviter ou arrêter la consommation de tabac pour améliorer la santé cardiaque.
- Limitation de la consommation d’alcool : réduire la consommation d’alcool pour prévenir toute aggravation des lésions cardiaques.
Réduire au minimum la cardiotoxicité :
- Pour minimiser la toxicité cardiaque, il est important d’éviter ou de surveiller attentivement la prise de certains médicaments pouvant avoir des effets indésirables sur le système cardiovasculaire. Voici quelques exemples de médicaments à utiliser avec prudence ou à éviter :
- AINS : ibuprofène (Motrin®), naproxène (Aleve®), diclofénac (Voltaren®), indométacine (Indocin®), célécoxib (Celebrex®)
- Médicaments antidiabétiques : pioglitazone (Actos®), rosiglitazone (Avandia®), saxagliptine (Onglyza®), alogliptine (Nesina®)
Dans l’ensemble, en combinant les traitements et en surveillant de près l’état du patient, les professionnels de santé visent à améliorer la fonction cardiaque, à soulager les symptômes et à améliorer la qualité de vie des personnes présentant une fonction cardiaque réduite.
Références
1) Yoon GJ, Telli ML, Kao DP, et al. Dysfonctionnement ventriculaire gauche chez les patients recevant des traitements anticancéreux cardiotoxiques : les cliniciens réagissent-ils de manière optimale ? J Am Coll Cardiol 2010 ; 56(20) : 1644-1650
2) Jerusalem G, Lancellotti P, Kim SB. Traitement du cancer du sein HER2+ et cardiotoxicité : surveillance et prise en charge. Breast Cancer Res Treat 2019;177(2):237-250
3) Tajiri K, Aonuma K, Sekine I. Cardio-oncologie : une approche multidisciplinaire pour la détection, la prévention et la prise en charge de la dysfonction cardiaque chez les patients atteints d’un cancer. Jpn J Clin Oncol 2017 ; 47(8) : 678-682
Créé le 25 mai 2024 Mis à jour le 17 juillet 2024
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